Article:QU'EST-CE QUE « LES IDEES DU JUCHE » ? (extraits)


Jean Mallaud MBONGO UDUMBULA
(professeur de l'Université de Kinshasa,
Congo démocratique)




   La philosophie du juché dispose que les hommes doivent jouir aussi bien de la liberté que d'une vie indépendante et créatrice. On ne peut pas à la fois être libre et dépendant. On pourrait affirmer par exemple que les enfants, auprès de leur mère qui répond à toutes leurs demandes, mènent une vie libre. Mais cette vie est en aucun cas une vie de maître. C'est la maman qui dispose de la maîtrise et la vie des enfants en dépend. L'enfant ne mène donc pas une vie indépendante et créatrice, parce qu'il vit aux dépens d'autrui, et non par ses propres forces. La vraie liberté, selon le juché, est celle qui s'associe à l'indépendance et à la maitrise.

Trouver un bonheur authentique dans la vie indépendante

   La vie libre et la vie indépendante et créatrice sont similaires dans un sens, par le fait qu'elles ne subissent pas de limites extérieures dans la satisfaction de leur demande. Mais d'un autre point de vue, elles diffèrent dans le contenu de cette demande, ou mieux, dans la forme de sa satisfaction. Pour la vie libre, la demande vise la simple satisfaction libre. Mais pour la vie indépendante et créatrice, la satisfaction prend la forme 'une solution apportée à la demande du maître en tant que maître. Si la vie libre ne met pas en question l'origine de la force et de l'objet qui remplissent la demande, la vie indépendante et créatrice ne se définit que par la réalité d'un sujet effectivement responsable de la demande qu'il formule et de l'objet qui la remplit. Telle doit être la vie de l'homme, dépositaire du 'jajuseung' et, par conséquent, maître du monde et de son destin. Ce n'est qu'à cette condition aussi qu'il peut jouir d'un bonheur authentique. Naturellement, les mêmes démonstrations sont valables, aussi, pour la nation, qui ne peut trouver son bonheur que dans l'auto-détermination, c'est-à-dire, comme nous l'avons dit, dans une vie à la fois libre, indépendante et créatrice.

Le sujet de la transformation sociale, ce sont les masses populaires fermement unies

   En Corée par exemple, où se matérialise de plus en plus la philosophie du juché, les citoyens donnent l'impression d'être, ensemble, le maître de la société. Ils se réjouissent ensemble du travail d'Etat, et de fêter en commun les victoires et les résultats de leur labeur commun. Les idées du juché partent du fait qu'un individu ne peut pas façonner seul le destin des masses populaires, ni même son propre destin, quelle que soit sa force physique.

   Le juché, c'est-à-dire le sujet de la révolution ou de la transformation sociale, ce sont les masses populaires. Mais la seule existence de ces dernières ne fait pas d'elles des sujets de la transformation sociale; En d'autres termes, les masses populaires qui ne sont pas regroupés dans une collectivité ne peuvent pas devenir le juché de la révolution. Il faut par conséquent qu'elles s'unissent fermement en un bloc de sorte à pouvoir lutter en toute indépendance et de façon créatrice. Voilà pourquoi le leader occupe une place importante dans l'arène de cette armature révolutionnaire du juché.